Retourner à l’eau · Maryse Goudreau

30 septembre au 20 décembre 2021

Le Musée acadien du Québec présente Retourner à l’eau, une nouvelle exposition créée par l’artiste multidisciplinaire gaspésienne, Maryse Goudreau.

L’artiste d’Escuminac (récipiendaire du prix du CALQ artiste de l’année 2020 en Gaspésie) se penche sur des enjeux sociaux, politiques et environnementaux dans des œuvres qui naviguent entre la photographie, l’art sonore, la performance, l’installation et le cinéma. Depuis près de dix ans, l’artiste est fascinée par le béluga, dont elle restitue l’histoire sociale et politique à travers la création d’une vaste archive.

« Parfois, les animaux servent de guide dans des récits : mon travail fait écho à ce genre millénaire. Mes projets se développent afin de rendre justice à une histoire vécue lors d’une de mes expériences avec le béluga. »  — Maryse Goudreau.

L’artiste a eu accès à la réserve d’artefacts du Musée pour le travail d’élaboration de son exposition.

La démarche artistique

L’artiste multidisciplinaire Maryse Goudreau s’est laissée imprégner par le phénomène actuel de forte fréquentation de la nature, qu’a suivi le confinement. Sa sélection d’œuvres à la fois existantes et à la fois nouvelles résonne avec ce besoin d’être connecté au monde. Avec Retourner à l’eau elle nous propose de faire de la nature son guide, son sanctuaire.

On lui a proposé d’utiliser un objet de la collection du MAQ comme point de départ au projet d’exposition et c’est avec un arrosoir qu’elle s’est mise à tisser le sens qui parcourt aujourd’hui l’exposition. L’idée d’une remise à l’eau a fait son chemin dans la symbolique de l’ensemble.

Retourner à l’eau de l’artiste Maryse Goudreau est consacrée aux images, aux pierres et aux sons qui nous connectent aux océans et aux craquements des caps rocheux. Avec des œuvres immersives comme : Dans le ventre de la baleine ou Ceux et celles qui écoutent les baleines, l’artiste propose des façons incarnées de partager le territoire avec celles-ci.

La performance participative : Rejouer la pouponnière (études de mouvement) est adaptée avec une scénographie qui évoque le théâtre amateur. Avec des instructions telles une partition, elle propose une façon aimante de tisser des liens avec les bélugas. Comme avec la pièce Berceaux (fragment), plusieurs pièces ont un écho avec la maternance ; on y voit par exemple une échographie vétérinaire d’un petit béluga, ou même avec Dent de lait les mamelles sont placées à même la dent sculptée dans le marbre d’une pierre tombale recyclée.

Une photographie qui s’intitule : La permission, laisse voir un œil de béluga qui nous mire. Cette image est une clé dans la démarche sur de nombreuses années qu’a effectuée l’artiste érigeant une archive thématique sur le béluga depuis 2012. Guidée par l’idée que la nature nous regarde agir, elle est devenue impliquée dans le milieu des urgences avec les mammifères marins et a pu d’ailleurs participer à des prélèvements scientifiques sur des baleines échouées. Elle dit parfois qu’elle a l’impression que ses premières entailles et coupes dans ces carcasses monumentales ont été ses premiers gestes de sculptrice. De cette expérience est né son désir de travailler avec de la matière naturelle dont le marbre de la Gaspésie. Habitées par l’expérience de terrain, ses pièces évoquent des fragments de baleine et des deuils.

La permission | Photographie 2016 Courtoisie de l’artiste Maryse Goudreau

En somme, l’exposition Retourner à l’eau dévoile de manière éloquente des récits qui déboulonnent les notions établies de nature et des rapports anthropomorphiques aux baleines. Comme les corps gracieux d’un troupeau de béluga, cette exposition met en lumière nos relations bienveillantes avec la nature.

Ici dans cette eau, les pierres deviennent des fragments de baleines portés par ceux et celles qui les écoutent.

À propos de Maryse Goudreau

Maryse Goudreau a publié les livres d’artiste Histoire sociale du béluga (2016) et La Conquête du béluga aux Éditions Escuminac (2020) et une monographie a été publiée aux Éditions Sagamie, L’Appel (2012), celle-ci portant sur son travail sur les quais. Au cours des dernières années, elle a exposé à la Biennale de l’image ; Momenta et La Galerie de l’UQÀM (Montréal 2021), à la Biennale de Venise (Pavillon du Centre PHI de Montréal, 2019), au centre d’art Dazibao (Montréal), au Museo de la Cancillería/Instituto Matías Romero (Mexico), à VU — Centre de production et de diffusion de la photographie (Québec), à l’Annenberg Space for Photography (Los Angeles, É.-U.), et au Centro de Arte Contemporáneo Wifredo Lam (La Havane, Cuba). Maryse Goudreau a remporté plusieurs prix, dont le prix Lynne-Cohen (2017), décerné en partenariat avec le Musée national des beaux-arts du Québec. Ses œuvres font partie de plusieurs collections, notamment celle du Musée des beaux-arts de Montréal.

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95, avenue Port-Royal, Bonaventure (QC), GOC 1E0

418 534-4000

Sans frais 1 833 920-3900

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